Ecriture

Se mettre à l’écriture : des mots pour créer, des mots pour rêver

« J’ai toujours eu envie d’écrire. » Cette phrase, on l’entend souvent ; combien d’entre nous l’ont prononcée ou simplement pensée ?

J’ai porté cette envie toute ma vie, et je me suis aperçue récemment que je n’étais pas la seule. En réalité, c’est même une envie assez largement partagée au sein de la population. Pour preuve : le nombre record de livres publiés chaque année en auto-édition, ou l’émergence de plateformes de partage d’écrits comme Wattpad (4 millions d’auteurs en 2019)…

Pourtant, beaucoup de ceux qui en rêvent ne vont pas au bout de leur désir d’écriture. Nous vivons dans une société qui nous dit que si on ne parvient pas à être dans les meilleurs, autant ne pas créer (donc si on ne pense pas pouvoir être publié, pas la peine d’écrire). Quelle connerie ! Il y a des tas de raisons d’écrire, des tas de moyens de le faire. Sans pour autant écrire un best-seller, on peut parfaitement trouver dans l’écriture un réel moyen d’épanouissement.

 

Écrire, pourquoi ?

Oui, bien sûr, c’est très difficile d’être publié, le marché est saturé ; et même en obtenant un « oui » d’un éditeur, il est très compliqué de vivre de sa plume. Laissons donc tomber l’intérêt financier et intéressons-nous plutôt aux vraies autres raisons qui nous poussent à écrire :

 

1) On peut écrire, tout simplement, pour le plaisir de la création. C’est grisant de créer quelque chose de beau, de voir naitre sous nos doigts la petite musique des mots qui se déroulent les uns après les autres… Écrire pour le plaisir des mots, de leur sonorité, du tempo des phrases… Écrire juste pour le plaisir de se relire après ! Avec le choix de le faire entendre aux autres… ou pas !

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2) Souvent, on a envie d’écrire pour raconter des choses. On a dans la tête une histoire, un sujet que l’on a envie de partager, de coucher sur du papier. C’est un désir assez intrinsèque à l’être humain : on raconte des histoires depuis la nuit des temps ! Écrire est tout simplement l’une des nombreuses façons que nous avons de nous exprimer. Cela peut être pour :

    • provoquer des émotions cher le lecteur : le toucher, le faire rêver, le faire réfléchir ;
    • transmettre : une culture, un héritage familial, une passion, un savoir-faire, des connaissances ;
    • témoigner, dénoncer, expliquer, faire vivre une réalité aux yeux des autres, défendre une cause.
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3) Écrire, c’est aussi explorer son propre monde, son imaginaire, afin de s’évader du quotidien, d’une réalité parfois trop ordinaire ou trop monotone… Je ne compte plus le nombre d’heures de cours où je me suis plongée dans mes histoires pour supporter les monologues d’un prof ennuyeux ! Ecrire, c’est voyager, vivre des aventures, rencontrer des gens fabuleux… c’est donner vie à tout un monde où les seules limites sont celles que l’on veut s’imposer, un monde que l’on façonne comme on le souhaite. Libre ensuite de le faire connaître à d’autres !

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4) Enfin, l’écriture peut permettre d’exprimer ses émotions. En mettant dessus des mots, on contribue à mieux les cerner, mieux les comprendre. Cela peut être un formidable outil de développement personnel, permettant de mieux se connaitre ; ce peut être aussi une sorte de thérapie, un exutoire pour faire sortir ce qu’on n’arrive pas à dire, se libérer d’émotions trop fortes qui nous empêchent d’avancer (peurs, peine, colère…). Dans cette optique, c’est souvent une écriture pour soi, mais ça peut être aussi un moyen de partager une expérience difficile, de montrer que l’on peut surmonter des épreuves.

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Ecrire, oui mais quoi ?

 

On a parfois une idée pré-conçue sur ce qu’on devrait écrire (genre : « écrire, ça veut forcément dire écrire un livre »). Pourtant, ce n’est pas forcément la forme la plus en adéquation avec l’objectif qu’on recherche quand on se met à écrire. Et puis, une forme trop ambitieuse, ça peut décourager de s’y mettre !

C’est pourquoi j’avais envie de faire une petite récap’ (non exhaustive) des formes d’écrits que l’on peut trouver, histoire de donner des idées et d’élargir le champ des possibles.

Car oui, en dehors du livre, il existe tout pleins de formes d’écrits, et chacune d’entre elles peut se révéler pertinente à un moment de notre existence.

J’en sais quelque chose : si l’écriture m’a toujours accompagnée, la forme de mes écrits a considérablement varié au cours de mon existence. Enfant, pétillante et pleine d’énergie, j’inventais de petites histoires dont les personnages étaient mes camarades d’école, et j’écrivais des sketches à jouer devant les parents.  Ado, mes écrits se sont faits plus intimes, davantage centrés sur l’expression de mes émotions : j’ai tenu un journal, écrit des poèmes… L’abondance de séries TV m’a ensuite amené vers l’univers des fanfictions, qui m’a bercée un moment. Étudiante engagée, je me suis ensuite mise à écrire des articles pour parler des sujets qui me tenaient à cœur. Adulte, enfin, j’en suis revenue à mes premiers amours et à l’écriture de romans.

Bref. Ecrire, oui, mais quoi ?

 

  • Un journal intime : un écrit non destiné à être partagé, donc pas de pression sur la qualité d’écriture. Ça reste tout de même un très bon outil pour apprendre à écrire (car oui, c’est en forgeant que l’on devient forgeron, et un journal c’est la garantie d’une écriture régulière), et notamment pour écrire sur les émotions, le ressenti. En plus, ça aide à se sentir mieux au quotidien, à mieux gérer son stress et ses angoisses. C’est tout bénef !

 

  • Des poèmes : c’est peut-être la forme d’écrit la plus personnelle, car elle allie expression des sensations, des émotions, regard décalé, et travail, jeux sur les mots. La poésie peut être très codifiée (avec rimes, nombre de pieds définis) ou au contraire très libre.

 

  • Des articles : Si vous êtes plus dans le réel que dans l’imaginaire, que vous aimeriez écrire sur une thématique précise (ou plusieurs d’ailleurs !), alors c’est une forme qui peut être faite pour vous. Un article étant en général assez court, c’est idéal pour se familiariser avec l’écriture, ou s’y remettre. Réfléchissez à plusieurs sujets dans votre thématique, qui pourront chacun faire l’objet d’un article. Si vous voulez être lu, vous pouvez viser une publication dans un journal ou une revue, ou tout simplement faire paraitre vos articles sur un blog. Vous pouvez aussi « collectionner » vos articles pour les compiler ensuite.

 

  • Un essai : si vous voulez partager votre réflexion, votre argumentaire, sur un sujet qui vous tient à cœur, alors vous pouvez écrire un essai. Plus long qu’un article, donc plus abouti dans la réflexion, l’essai a une forme assez libre.

 

  • Des nouvelles : pour ceux qui préfèrent écrire des histoires, la nouvelle est idéale pour démarrer : sa forme courte permet une intrigue simplifiée et une rédaction plus rapide (donc moins de risque d’abandonner en cours de route !). Pour ceux que ça tente mais qui n’auraient pas d’idée de départ, il existe des concours de nouvelles qui donnent le thème (et aussi une deadline, pour certains ça peut être motivant !)

 

  • Une fanfiction : c’est un récit, long ou court, qui se passe dans un univers déjà existant (par exemple celui d’un livre ou d’une série télé), mais avec un scénario différent (on imagine la suite, le prequel, ou une variante de l’histoire originelle). Là encore, c’est idéal pour démarrer : l’univers est déjà bâti, les personnages aussi, il n’y a qu’à se concentrer sur son histoire. En plus, il existe pleins de communautés d’écriture de fanfictions qui pratiquent l’entraide, la relecture, etc. On peut y poster ses textes (mais on peut aussi les garder pour soi, non mais !)

Les fanfictions ont souvent mauvaise presse, on les accuse d’être des écrits de seconde zone, de piètre qualité…

Alors, primo : on s’en fout, des critiques ! On n’écrit pas pour la noblesse mais pour le plaisir, zut !

Et secundo : on peut voir les fansfictions, au contraire, comme une réappropriation de la culture audiovisuelle par la littérature. Na !

 

  • Un roman : on l’a vu, il y a des formes d’écrits narratives plus simples pour commencer ; mais cela dit, si vraiment vous avez une idée suffisamment étoffée pour un roman, ne laissez personne vous décourager ! Certains se lancent sans filet et écrivent d’un trait. Moi je conseillerais quand même de lire un truc ou deux sur la structure narrative, l’intrigue et les personnages. On trouve pleins de ressources sur Internet, à vous de faire votre marché et trouver ce qui vous convient. Perso j’ai bien aimé le bouquin de John Truby, « Anatomie du scénario » (bon, un peu indigeste quand même pour un débutant je pense).

 

  • Une biographie ou son autobiographie : oui, on peut avoir envie tout simplement de raconter sa vie, ou celle de sa grand-mère, et il n’y a aucune honte à ça.

 

Photo by Patrick Tomasso on Unsplash

 

 

Ecrire, oui mais comment ?

 

L’objet de cet article n’est pas de faire un cours sur les techniques d’écriture. Ici, il s’agit surtout de vous donner des pistes pour réussir à s’y mettre.

Plusieurs choses peuvent en effet bloquer le désir d’écriture. Si on évacue la peur de ne pas être légitime (parce que tout ce qui est créatif ne pourrait appartenir qu’à une poignée d’élus nés avec tout le talent. Non. Non. Et encore non !), il reste encore des blocages : mais je n’ai pas d’idée, je ne sais pas comment faire, et puis je n’ai pas le temps…

Tout ça, ce sont des freins surmontables (si vous le voulez vraiment ; sinon, ce sont des excuses déguisées parce que vous avez peur de vous y mettre !).

 

Le temps : le temps semble toujours manquer, entre (au choix) le travail, les études, les enfants, les lessives, le sport, la musique, les courses… Souvent, l’écriture passe alors à la trappe, parce que non « essentielle » au bon déroulement de nos vies, comme le rêve qui se sauve devant nous . Pour éviter ça, un bon moyen est de planifier à l’avance vos créneaux d’écriture.

J’explique : élaborez rapidement votre emploi du temps, et déterminez à quel moment vous pouvez caler un petit peu d’écriture. 30mn peuvent suffire à faire déjà quelque chose, et ne me dites pas que vous ne pouvez pas vous dégager une petite demi-heure de temps en temps !

A vous de fixer votre régularité : écrire tous les jours permet d’avancer rapidement, mais si ça vous colle trop la pression, réduisez ! Une ou deux fois par semaine, c’est bien aussi ! L’important est de se réserver un créneau et de ne pas le faire sauter !

 

Le lieu : trouvez un endroit où vous vous sentez bien pour écrire.

Au calme dans un bureau ou dans l’agitation d’un café, l’important c’est que vous ne soyez pas dérangé outre mesure (par des gens qui viendraient vous taper la causette, par des enfants qui vous sollicitent sans arrêt – quoique ce soit éventuellement gérable quand on n’a vraiment pas le choix, mais idéalement c’est mieux sans !)

Photo by Tim Gouw on Unsplash

 

Le matos : à vous de choisir entre ordi et stylo, bien qu’honnêtement, je ne sais pas s’il reste encore beaucoup de monde qui écrive un manuscrit entier sur un cahier…

Mais pour un article, un poème, ou pour prendre des notes, ça peut être intéressant. Il y a un côté physique avec le stylo et la feuille qui porte à la création, c’est vrai. Et une certaine simplicité : on peut griffonner n’importe où (même si avec un ordi portable ou même un smartphone on est assez mobile désormais).

D’un autre côté, le traitement de texte offre des avantages indéniables : retravailler le texte à l’infini devient un jeu d’enfant, c’est toujours propre, et on peut utiliser des logiciels ou des applis pour s’aider (Evernote, Scrivener…). Certains se contenteront d’un smartphone (Anna Todd a écrit ses livres là-dessus il paraît !), d’autres préfèreront un ordi pour plus de confort.

 

L’inspiration : il se peut que vous ayez du mal à vous lancer. Qu’au moment d’écrire, l’inspiration ne vienne pas. Que vous ne parveniez pas à aligner vos mots.

Pas de panique, c’est arrivé à d’autres avant vous, qui pour y pallier ont développé des exercices pour libérer son écriture. Les blogs d’écriture regorgent de petits jeux : écriture automatique, acrostiche, travail à partir d’une lettre, d’un mot, du début d’un livre…

Ça demande un petit travail préalable de fouiller le web pour en trouver qui vous plaisent, mais ensuite vous aurez votre petite trousse à outils pour vous aider à démarrer. Ensuite, au moment de vous y mettre, si la page blanche vous bloque, choisissez un exercice (ou plusieurs) à faire et consacrez-lui quelques minutes. Vous verrez, ensuite, la machine sera en route et il sera plus simple de vous mettre à votre projet.

Pour ceux qui voudraient être davantage guidé, pourquoi ne pas rejoindre un atelier d’écriture ? Ils proposent en général aussi ce genre d’outils pour se lancer, libérer son écriture.

 

Photo by Lauren Mancke on Unsplash

 

 

Et vous, avez-vous déjà eu envie d’écrire ?

Qu’est ce qui vous motive, qu’est-ce qui vous bloque ?

N’hésitez pas à commenter !

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